Fiction et recherches historiques

J’ai un projet de romances historiques sur fond de Seconde Guerre mondiale. Les gars sont des bikers, et trois d’entre eux vont s’engager dans l’armée lorsque les USA entrent en guerre (oui, cela se passe aux Etats-Unis). Un fantassin qui participe au Débarquement en Normandie, un Marine dans le Pacifique, et un aviateur dans le Pacifique également. Les trois sont des amis très chers dont je raconterai l’histoire de l’amitié dans un prequel pour que mes lecteurs tombent amoureux d’eux quatre (parce que le quatrième ne va pas aller faire la guerre).

Les recherches historiques, comment je les ai débutées ?

Je savais déjà que je voulais un des soldats en Europe. Je savais aussi que j’en voulais un autre, aviateur, dans le Pacifique (mais pas de bol, il est afroaméricain, et il n’y avait pas d’aviateurs noirs dans le Pacifique, parce que ségrégation raciale, donc changement de plan, il sera dans la Marine). Et je savais que le troisième serait forcément un aviateur.

Dans ma conception de ma compréhension de l’Histoire, de l’Armée américaine, de comment tout ça fonctionne, j’ai fait l’erreur de commencer d’abord les recherches historiques. Mais ce n’était pas la bonne solution. Parce que la simple question que j’aurais dû me poser dès le début (si j’aurais su, j’aurais fait autrement – y a une fôte, c’est fait essprès) est celle-ci :

Ces soldats appartiennent à quel régiment / bataillon ?

Parce que les réponses à cette question vont me donner le parcours dudit régiment ou bataillon et donc du bonhomme (j’ai fait beaucoup de ces recherches en anglais parce que je me dépatouille dans la langue de Beyoncé, je n’ai pas forcément bien acquis le vocabulaire en anglais, mais ça va venir).

Plonger dans l’ambiance de la Seconde Guerre mondiale

Je me suis lancée en mars-avril dans un marathon de visionnage de films et séries sur la Seconde Guerre mondiale, et impliquant des soldats américains, donc avec le regard américain sur ce conflit.

Band of Brothers, The Pacific, Masters of the air, La Ligne rouge, Mémoires de nos pères, Lettres d’Iwo Jima, Il faut sauver le soldat Ryan… (et plein d’autres films que je vais regarder de manière moins « marathonesque » dans les mois qui viennent.

Ces films et séries m’ont permis de me donner (ou redonner, parce qu’il avait beaucoup de revisionnages), le point de vue américain sur la guerre, quelles que soient les batailles auxquelles ces soldats ont participé (et parfois, aussi, des points de vue très personnels de cinéastes comme Terrence Malick).

J’ai systématiquement croisé ces visionnages avec des documentaires, des articles, des lettres de soldats.

Mais quel sera mon message ?

Il m’a fallu faire des choix, et ils n’étaient pas évidents à faire tout simplement parce que je ne savais pas où chercher, pour trouver ces fameux bataillons ou régiments.

Ces recherches ont été laborieuses, j’ai dû croiser des éléments venant de plusieurs sources pour connaître, par exemple, les terrains sur lesquels la 1st Ammunition Company a participé aux combats (compagnie de munition composée exclusivement de Marines afroaméricains). Je vous l’ai dit : une fois que j’ai trouvé qui appartient à quel régiment, cela a été plus facile de savoir ensuite à quelles batailles ces soldats ont participé.

Et j’ai surtout voulu resserrer ces recherches sur les romans, les personnages et leurs messages. Parce que ce sont des romances, l’histoire d’amour entre les protagonistes principaux doit être au coeur de l’histoire, et se finir bien. Et, au fond, je ne parle pas de la grande Histoire.

J’écris sur ces petites histoires vécues par de petites gens.

Ecrire l’Histoire, masterclass de Jean-Laurent del Socorro

J’ai acheté lors d’une promotion de l’Ecole d’écriture 2.0 de Cécile Duquenne, une masterclass de Jean-Laurent del Socorro, sur l’écriture historique. Elle est destinée à tout auteur souhaitant écrire de l’historique, avec un partage de son expérience d’auteur, ainsi que de ses outils et de son approche de la recherche. Elle est simple, accessible à tous.

Je viens de la réécouter pour savoir si je n’ai pas fait fausse piste, et a priori, je suis plutôt dans les clous de ce que je pouvais faire en matière de recherches historiques, tout en n’oubliant pas l’objectif de ces romans.

Je vous la recommande chaudement. Et si le prix habituel (219 €) vous rebute, sachez que Cécile Duquenne propose régulièrement des réductions importantes sur ses masterclass, je vous conseille très fort de vous abonner à la newsletter de l’Ecole d’écriture 2.0 pour être tenu au courant de ces promotions. (Je précise juste si quelqu’un se le demande, mais je ne suis pas partenaire de Cécile Duquenne ou Jean-Laurent del Socorro, donc j’en parle librement, de ma propre initiative et sans indemnisation quelconque).

Et après les recherches historiques ?

Je me suis fabriquée une frise chronologique des évènements historiques que je souhaite développer dans le roman, ainsi que ceux que je souhaite juste aborder. Pour vous donner un exemple précis, Paul, le héros de la première romance, participe au Débarquement en Normandie et je vais écrire sur cet évènement. Mais il va juste entendre parler de Lord Lovat et du cornemusier qui a joué pendant le Débarquement, parce que Paul et ces deux personnes n’étaient pas sur la même plage, donc il n’y a pas assisté.

Je vais ensuite me servir de cette frise chronologique historique pour développer la frise chronologique scénaristique (keskisspasse dans les bouquins, en gros), en ajoutant des scènes moins événementielles, plus quotidiennes, et dispatcher tout cela entre les différents points de vue, les lettres que vont s’échanger les soldats et leurs proches, ce qui me servira surtout à développer ces personnages et la manière dont ils vivent la guerre, l’éloignement, sur les deux premiers romans (qui ont lieu pendant la guerre).

Je suis ambitieuse.

Chiche, j’écris le prequel et le premier roman cette année…

J’ai tellement hâte d’en parler et de développer du contenu sur mes réseaux sociaux.

Et aussi de trouver des interlocuteurs spécialisés dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale pour échanger avec eux.

Il y a encore du pain sur la planche…